Shiatsu, positions et équilibre

Bonhomme à bascule

Bonhomme à bascule – Galerie Flickr de Collin Harris – Creative Commons

L’équilibre en Shiatsu est très dépendant de la position initiale. Si la position de départ n’est pas bonne, la pression, l’étirement, la rotation ou quoi que ce soit que l’on veuille faire ne peut pas être optimal.
Lors de mes premières pratiques (et pour rappel j’en suis toujours au début de la pratique ;)), j’avais parfois tendance à basculer en avant (de manière non contrôlé) lors de l’étirement de la colonne.
Depuis, je fais très  attention à ne pas passer ce point de bascule afin de ne pas m’appuyer plus qu’il ne le faut sur le receveur. Le problème est que du coup mon étirement n’est pas optimal, la plupart du temps il n’étire pas suffisamment – ce qui est dommage…

La semaine dernière, alors que je donnais un Shiatsu à une amie pratiquant la MTC, au moment du debrief, elle me fait justement la remarque comme quoi j’aurais pu y aller un peu plus fort sur l’étirement de la colonne. Je lui explique mon problème d’équilibre et elle me dit que ma position doit être mauvaise. Je lui “mime” le geste d’étirement de la colonne sur le futon et là elle dit que ma position que j’y suis, que lors du mime ma position est bonne.
Le lendemain, en repensant à ses remarques, j’ai alors la révélation (que je n’ai pas encore eu l’occasion de tester sur un receveur, donc peut-être que je me trompe complètement :p) : quand je fais ce mouvement, je suis trop prêt du receveur (mes genoux le touche presque) et donc mes mains sont trop prêt de mon centre.
Je pense qu’il s’agit tout simplement d’un problème de physique. Si je suis prêt du receveur, mon point de bascule va arriver relativement tôt. Une fois que j’aurai passé mon centre de gravité, je vais littéralement tomber en avant.
Au contraire, si je me recule un peu, mes bras seront plus éloignés de mon corps, et la distance entre mes genoux/mon centre/mes bras sera plus grande, donc l’effet de basculement arrivera plus tard.

Expérience pour illustrer tout ça :
Mettez-vous à genoux et posez vos mains juste devant vos genoux (laissez 4-5 cm par exemple). Ensuite transférez votre poids vers vos mains. Très rapidement vous allez perdre l’équilibre.
Recommencez la même chose en mettant vos mains beaucoup plus loin cette fois. Vous devez normalement conservez votre équilibre (et donc maîtriser votre pression) beaucoup plus longtemps et facilement.

Du coup je me sent bien bête de ne pas avoir compris plus tôt un problème de physique de niveau CP (et comme si ça ne suffisait pas, je le publie sur le net ^^).
Évidemment, j’espère ne pas me tromper, sinon j’aurai l’ai doublement bête 🙂 (mais j’assume).

Bon Shiatsu à tous et profitez bien de l’été.

PS : combien d’entre vous ont tenté l’expérience de se mettre à genoux ?
S’il y a suffisamment de monde, je tacherai de mettre un exercice dans tous mes prochains articles, c’est bon pour la santé il parait 😀

 

4 thoughts on “Shiatsu, positions et équilibre

  1. Hello;

    Étant grand (pas du tout du gabarit d’un Japonais classique), je rencontre souvent cette difficulté, surtout si le Jusha est fine et légère et quelques cm plus bas car moins “épais”.

    J’ai essayé. La posture change pas mal, mais il y a aussi l’orientation de la tête qui joue beaucoup. Si la tête est légère et bien en équilibre, le triangle sera normalement ok. Si cela devient un poids. Aie.

    L’écart entre les genoux et l’assise sur les talons m’aide beaucoup aussi. De ma compréhension, il y aura toujours une tension à l’arrière du corps et une compression à l’avant. Mais où la mettre cette pression et cette tension ? À l’endroit le plus confortable et dans la zone la plus large possible, la diffuser. Faire une courbe comme un roseau et non des angles (facile à dire).

    Un truc intéressant dans ton article est aussi le travail avec une couverture roulée. Cela permet de bien pratiquer et d’étudier la posture de travail et d’essayer de multiples fois, de différentes manières.

    Bien à toi.

    Js

    • Bonjour JS,

      Tiens, oui, j’ai oublié de parler de la posture de la tête. Alors qu’en fait j’y fait très attention, son positionnement étant un élément clé dans la pratique de l’aunkaï (http://www.evolutionshiatsu.fr/launkai-ou-la-comprehension-des-principes-qui-regissent-le-corps). Merci de l’avoir rappelé c’est effectivement un paramètre qui nous sort trop facilement… de la tête.
      Là encore, ce que tu décris à propos des tensions avant/arrière se retrouve en aunkaï. Je ne l’ai jamais sentie en Shiatsu, aussi vais-je y faire plus attention et voir ce que donne une pratique dans ce sens.
      Quand au travail avec la couverture, c’est une excellente idée ! effectivement, ça permet de travailler ses positions avec des gabarits de différentes épaisseurs.
      Merci beaucoup pour toutes ces superbes idées que je ne manquerai pas d’essayer 🙂

  2. D’un autre côté, si tu prends bien garde à exercer des pressions perpendiculaires, et à garder ton poids dans le bas du corps (avec l’aunkaï tu dois voir ce que je veux dire), même avec les mains près du centre, la stabilité doit être assurée. Quoique plus délicate qu’avec une surface de sustentation plus grande, bien sûr.
    Mais pour ma part, je trouve plus difficile d’exercer une pression correcte avec les mains loin de mon centre. Cela dit, comme je suis d’un petit gabarit, je suis déjà plus naturellement “ramassé” autour de mon centre, et mes bras de vont pas bien loin 🙂

    • 🙂 Du coup, comme tu dois t’en douter, c’est aussi une de mes lacunes aunkaïesque. Quand je “part” (perd l’équilibre) c’est souvent à cause de tensions dans le haut du corps et/ou la zone des lombaires qui bloquent mon poids en haut. J’avais noté un réel mieux après le stage d’Avril, mais mon manque de pratique depuis font que je sent que j’ai régressé sur ce point.
      Après c’est vrai que j’ai donné l’exemple des pressions avec l’exercice, mais là où je sentais le plus de difficulté c’était pour l’étirement optimal de la colonne. Parfois je sent qu’il y a encore de la place mais que je suis à ma limite. Une fois celle-ci dépassé, c’est la perte d’équilibre. Il dois y avoir un peu de ça dans mon problème d’équilibre lors de l’étirement de la colonne.
      Alors qu’en soit, appliquer les pressions verticalement (et amener le poids vers le bas) ne me pose effectivement pas plus de problème que ça même si il y a encore de nombreuses améliorations à faire.
      Il y a autant de paramètre à se rappeler (ou à intégrer plutôt) en Shiatsu qu’en Aunkaï. Heureusement qu’ils ne sont pas opposés 🙂

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